dimanche 23 mars 2008

MILLESIMES sur Reader

On y croit, et tellement que je suis en train de mettre en place une lecture pdf de MILLÉSIMES, qui permettra de consulter notre guide annuel sur son ordinateur, son smartphone ou son e-book. Les Échos l'ont fgait, et c'est top ! Voir : Les offres e-paer Les Echos - choisissez votre Reader

Remarquable २००७ dans La Vallée du Rhône

Brigitte Dussert : là encore, il faut des vins équilibrés, avec une bonne acidité...

Patrick Dussert-Gerber : en Vallée du Rhône, puisqu’il y a le mistral tout comme en Provence, les raisins étaient bien séchés et l’ensoleillement plus favorable qu’ailleurs, les vins ont beaucoup moins souffert des maladies. La Vallée du Rhône et la Provence sont deux régions qui ont fait un grand millésime classique, dans la lignée des précédents. Les blancs seront très charmeurs, très parfumés. 2007 sera un millésime sur le fruit, en rouge comme en blanc, un millésime de fraîcheur, un vin gourmand avec beaucoup d’arômes de fruits et de fleurs, un vin comme on les aime.

On cite souvent les sols de Châteauneuf-du-Pape, plus ou moins profonds, très caillouteux, qui sont constitués pour l’essentiel de gros quartz roulés mélangés à de l’argile rouge sableuse. Ces gros galets roulés, amoncelés autrefois par le glacier du Rhône, fournissent à la vigne des conditions exceptionnelles de maturation. C’est le secteur le plus sec des Côtes du Rhône ; le vent dominant est le mistral, l’ensoleillement est de 2 800 heures par an, la chaleur emmagasinée par les cailloux dans la journée est restituée la nuit, provoquant un “effet de four”. Toutes ces conditions, dans un millésime comme 2007, sont des atouts majeurs.

Mais il n’y a pas qu’à Châteauneuf-du-Pape qu’il y a des terroirs très propices. On en trouve dans des appellations moins connues, qui “sortent” pour autant une flambée de bouteilles superbes.

À Rasteau, par exemple, le vignoble s’étend sur la plupart des terres du village, dans le département du Vaucluse, sur des sols bruns et calcaires, des sols squelettiques sur marnes et des sols rouges sur grès. Le climat est de type méditerranéen, exposition sud des coteaux, légèrement protégés du mistral. Non loin, à Visan, les vieilles vignes plantées sur des coteaux-argilo-calcaires riches en galets exposés plein sud, sont également garantes de beaux vins. À Gigondas, idem : le vignoble est tout entier sur la commune sur des sols d’alluvions d’argiles rouges caillouteuses, sur des pentes ou de vastes terrasses, et le mistral est le vent dominant.

Pour les vins que l’on débouche aujourd’hui, il faut quand même bien admettre que le millésime 2003 est parfois très mûr, le 2002, qui a été très difficile à maîtriser, n’est pas une merveille, alors que les 2006, 2005, 2004 et 2001 sont formidables. Il faut aussi prendre le temps de conserver ces vins, car on savoure de grandes bouteilles actuellement dans des millésimes comme 98, 95, 90 ou 85.

En blancs, on pourra miser indubitablement sur les 5 derniers millésimes, 2007 compris, bien entendu, avec une préférence pour les très grands années que sont les 2006 et 2005, puis les 2000 ou 1996.
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Le Rhône est une région très étendue, et il faut se donner les moyens pour faire au mieux : petits rendements, vendanges à la main, etc.

Voir le Classement 2008 des meilleurs vins

Millésimes २००८ est paru

Cette année, avec ce millésime 2007, nous allons avoir l’occasion de voir l’art des vignerons, la force des terroirs et de revenir vers des vins plus classiques, mieux équilibrés, plus élégants. Il faut comprendre que la force de nos vins, c’est justement d’apporter une finesse qu’un bon nombre de concurrents ne peuvent s’offrir. Qu’est-ce qui différencie en effet un vin français d’un autre ? On a les mêmes cépages, les mêmes techniques de viticulture et d’œnologie... Il y a trois paramètres qui font la différence :

- les sols. À l’exception de l’Italie, aucun autre pays ne possède une aussi grande palette de terroirs, dans lesquels on a su planter -c’étaient souvent des moines- les cépages adéquats. Les exemples pullulent, partout : à Chablis (sols kimméridgiens), en Champagne (la craie, le calcaire), en Bourgogne (pierrosité, marnes rouges ferrugineuses, marnes blanches, sols bruns calcaires...), dans la Vallée du Rhône (molasses, quartz roulés, argiles rouges...), dans la Loire (terres argilo-siliceuses -les fameux”silex”, schistes, plateau calcaire -le “‘tuffeau”, craie marneuse...), à Bordeaux (sols graveleux, graviers, croupe de graves garonnaises...), etc.

- les climats. Quels sont les autres vignobles qui possèdent autant de variations climatiques ? Faut-il rappeler l’influence du mistral en Provence et dans le Rhône, de la forêt en Champagne, de l’océan ou des fleuves à Bordeaux, des positions des vignes sur les versants en Bourgogne comme leur altitude en Alsace, de la méditerranée et du vent en Languedoc, etc.

- les hommes. On a des vignerons dont les ancêtres faisaient du vin il y a plus de 500 ans ! On a des hommes et des femmes qui parviennent -malgré les modes et les appels des “sirènes”- à rester au plus haut niveau depuis des décennies, bien avant que l’on imagine même de pouvoir planter des vignes en Australie ou en Californie, bien avant que l’on nous chante les louanges des vignobles de Nouvelle-Zélande, d’Argentine ou de Roumanie.

Bref, on sait non seulement faire du bon vin, ce que tout le monde peut faire, je vous l’accorde, mais on sait surtout faire des vins racés, reconnaissables entre mille, qui sentent ce “fumé” bourguignon, déploient ce “velours” libournais, cette “chair” en Médoc ou à Châteauneuf, cette “minéralité” à Pouilly ou à Meursault, cette fraîcheur en Champagne comme dans nos grands liquoreux.
C’est cela notre force : la différence, la variété, l’originalité... La typicité, ce n’est rien d’autre que l’association d’un sol, d’un micro-climat, d’une plante et d’un homme.

Vous comprendrez que l’on est loin des producteurs qui se disent “modernes”, “révolutionnaires”, “découvreurs”, trop imbus d’eux-mêmes... et nous abreuvent de produits standardisés, au goût régulier chaque année, confondant le principe de se servir des techniques modernes pour “coller” à la nature et celui de les utiliser à outrance (surmaturation, surconcentration...).
Nous, on aime les vins qui ont une âme, qu’ils valent 7 € ou 100 fois plus, élevés par des vignerons conviviaux, passionnés et humbles face à la nature. Ces vignerons ont du talent et sont dans ce numéro.

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La qualité du 2007

Soyons clair : tout le monde se rappelle du temps exécrable de Juin à mi-aout 2007. Concernant la qualité du millésime, on pouvait s’attendre à une année très médiocre, qualitativement et quantitativement. Évidemment, quelques “devins”, par mauvaise foi et/ou par ignorance, des “confrères”… se sont empressés de déniger le millésime. Pourtant, le mois de septembre a été déterminant. Voici ce qu’il faut donc retenir, succinctement, dans toute la France :

1/. Les régions qui feront un grand millésime sans problème sont la Provence, le Rhône et le Languedoc, grâce au beau temps et surtout au mistral.

2/. Les vins blancs secs, partout, ont toutes les chances d’êtres superbes, à Chablis comme à Sancerre.

3/. Les liquoreux, Sauternes en tête, mais aussi les vins de Loire, seront exceptionnels, tant les vendanges tardives l’ont effectivement été, par la force des choses.

4/. Les vins rouges des régions où la qualité globale sera la plus “délicate” sont globalement ceux de la Loire, de la Bourgogne et de Bordeaux. Là, seuls les meilleurs vignerons, dans le strict sens du terme, c’est-à-dire ceux qui surveillent la vigne de près, ont réussi des prodiges, que cela plaise ou non.

Pour Bordeaux, j’y vis, donc j’ai suivi toutes les étapes du 20 août à la fin octobre, à l’inverse de quelques idiots qui parlent d’un salon parisien ou de New-York… J’ai déjà goûté à Saint-émilion, dans les Graves… Eh bien, le 2007 sera un millésime où il y aura de tout. Pour les hommes et les femmes les plus rigoureux, ce millésime est vraiment savoureux, un vin de plaisir, un vin de vigneron, un vin de talent. Je ne résiste pas à vous passer l’interview par mon épouse, Brigitte, de mon ami Olivier Bernard, du prestigieux Domaine de Chevalier, qui sait de quoi il parle :

“C’est indéniable, c’est cette belle arrière-saison qui a fait le millésime. Tout a progressé doucement, nous donnant le temps d’attendre. Au Domaine de Chevalier, nous avons vendangé, les premiers Merlots début octobre et les derniers Cabernets-Sauvignons (superbes) le 17 octobre, ce qui est très tard. Nous avons assisté en 2007 à un cycle végétatif très long de 7 mois, du début avril à fin octobre. C’est ce long développement qui a été très positif pour le raisin. Dans les vignobles de l’hémisphère sud il fait parfois trop chaud, le cycle est très court, le raisin est rapidement “cuit ” et les baies sont souvent ramassées à des degrés trop élevés. Pour que les peaux s’affinent et que les tanins s’adoucissent, il faut un cycle long, une progression douce, constante, sans excès. Nous avons la chance, ici, d’avoir les conditions climatiques idéales pour faire de grands vins. Il faut un parfait équilibre naturel entre fraîcheur nocturne et ensoleillement le jour, brouillard le matin et sécheresse au zénith.
Autant, il faut de grands années chaudes pour faire de grands rouges, autant pour les blancs, les années trop chaudes ne sont pas favorables. Le 2007 sera l’un des plus grands Domaine de Chevalier Blanc. Une très bonne acidité, beaucoup de fraîcheur, un équilibre magnifique qui promet de la complexité et de l’élégance, une explosion de fruits (pamplemousse, rose, citron, coing, ananas), un vin très complet, une grande expression du millésime.”

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